Face à l'industrie pétrolière, les Gwitchins ont su protéger leurs territoires de la pollution et de la destruction.
Depuis des milliers d'années, la vie des Gwitchins, peuple amérindien des confins du Yukon et de l'Alaska, dépend de la harde de caribous de la rivière Porcupine : pour leur nourriture mais aussi pour la matière première qui leur permet de fabriquer leurs tentes, leurs outils et leurs vêtements.
Ces dernières années, les projets d'exploitation pétrolière côté américain, dans les aires de mise bas des caribous, ont fait peser de lourdes menaces sur ces grands troupeaux (130 000 têtes) déjà mis à mal par le réchauffement climatique. En dépit de leur petit nombre et de leurs ressources limitées, les Gwitchins ont réussi à s'opposer au gouvernement des États-Unis et à impliquer le gouvernement canadien. Ils ont su conjuguer les pratiques sociales traditionnelles de consensus, en s'appuyant notamment sur les anciens, avec l'élaboration d'alliances avec d'autres nations voisines autour de stratégies juridiques ou médiatiques. Le combat réussi des Gwitchins contre l'industrie pétrolière est emblématique de la lutte pacifique des autochtones pour leurs droits mais aussi pour la protection de notre planète qui, aujourd'hui, concerne chacun d'entre nous.
Le regard de Pierre de Vallombreuse sur les Gwitchins est la première étape du parcours Hommes racines exposée aux Champs Libres, du 29 avril au 30 septembre 2008. L'exposition donne à voir Old Crow, la “capitale” de 300 habitants que seul l'avion permet de joindre, cernée d'immenses espaces naturels encore préservés où jusqu'à maintenant a perduré un subtil équilibre hommes/nature.