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Pierre de Vallombreuse

Pierre de Vallombreuse est né à Bayonne en 1962. Au contact de Joseph Kessel, grand ami de ses parents, il ressent très tôt l'envie d'être un témoin de son temps. En 1984, il rentre à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris avec l'idée de faire une carrière de dessinateur de presse. Mais un voyage à Bornéo, l'année suivante, va bouleverser le cours de sa vie. Il partage en effet son quotidien avec les Punans, derniers nomades de la jungle. D'artiste sédentaire, il décide de devenir un témoin nomade, et la photographie devient son mode d'expression. Toujours étudiant aux Arts décoratifs de Paris, il passe de longs séjours répétés avec une tribu perdue dans la jungle des Philippines : les Palawans. Au total, il vivra avec eux plus de deux ans. Une première partie de son travail sur cette tribu est présentée lors du prestigieux festival photographique « Les Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles ».

En vingt-cinq ans de voyages sur tous les continents, il a constitué un fonds photographique unique sur 41 peuples autochtones, plus de 130 000 clichés, rendant ainsi hommage à cette précieuse diversité et nous faisant découvrir la réalité de ces peuples. Il a été secrétaire général de l'Association Anthropologie et Photographie (université Paris VII) avec Jean Duvignaud, Emmanuel Garrigues, Jean Malaurie et Edgar Morin. Depuis, il collabore régulièrement avec de grands magazines internationaux : GEO (France, Russie, Allemagne, Espagne, Corée, Japon), Sciences et Avenir, Le Monde 2, Le Figaro Magazine, Terre Sauvage, Grands Reportages, Newsweek, El Mundo, El País, La Stampa, l'Illustré, …

Naissance d'une vocation

Est-ce que c'est pour m'inscrire dans une tradition familiale et reprendre à ma façon le flambeau porté par mon grand-père et par mon père dans leur lutte pour défendre la liberté ? Est-ce que c'est le fait d'être né moi-même au Pays basque, sur une terre autochtone ? En tout cas, si je chemine depuis 25 ans à la rencontre des peuples autochtones, ce n'est sans doute pas un hasard. J'ai eu la révélation pendant mes études aux Arts décoratifs à Paris.

J'avais envie de faire un grand voyage et j'étais attiré par les forêts où vivaient encore des tribus nomades. Je voulais revenir à la forme la plus humble de la vie sur terre, aller à l'origine des choses, me mettre en état de « renaissance ».

Dès la première nuit dans la jungle, le bruit des oiseaux, la brume : j'ai reçu un tel choc, une émotion comme on en vit très peu dans une vie et je me suis dit : « je serai photographe ! » Non pas pour faire de beaux sujets en couleur mais pour témoigner. La photographie permet de raconter des histoires, d'alerter. À l'instar de Claude Lévi-Strauss, Edgar Morin et beaucoup d'autres, je pense qu'une des garanties d'une vie riche et belle sur terre, c'est la diversité. Si on veut éviter toute forme de dictature, un monde totalitaire, cela me semble être une nécessité absolue. Chaque société a développé une réponse à la vie sur terre et l'on ne peut se passer d'aucune d'entre elles : chaque fois qu'un peuple disparaît, c'est une partie de nous-mêmes qui disparaît.
Mon véritable rôle n'est pas d'être un anthropologue, ce n'est ni ma volonté, ni ma formation d'origine, mais d'être un témoin, parce que de la liberté de ces peuples dépend aussi la nôtre.


Pierre de Vallombreuse