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Bolivie

Aymara

Les Aymara, présents également au Pérou et au nord du Chili, sont, avec les Quechua, un des deux principaux peuples originaires de la région andine. Avec l'élection d'Evo Morales en décembre 2005 comme Président de la République, la Bolivie a eu pour la première fois de son histoire un chef d'État autochtone. Pour un pays où 60 % de la population est autochtone, l'accès au pouvoir d'un représentant Aymara a provoqué un changement radical. En 2009, une nouvelle Constitution est adoptée et la Bolivie est reconnue comme un État plurinational. Les 36 langues autochtones accèdent au rang de langues officielles et l'autonomie des communautés est établie. Les principes éthiques tirés de la culture traditionnelle andine sont désormais valorisés au plus haut niveau : ainsi, les notions de « vivre bien » (suma qamaña), de « vie harmonieuse » (ñandereko) et de « terre sans mal » (ivi maraei) sont inscrits dans la Constitution.

 

J'ai passé huit semaines en Bolivie. Mon voyage a commencé dans la province "autonomiste" de Santa Cruz, province des basses terres pré-amazoniennes. Cette province est devenue très riche grâce à la production de soja et surtout grâce à l'extraction de pétrole et de gaz. La population y est à majorité blanche, mais on trouve aussi différentes ethnies des basses terres : Guaranis, Ayoreo, etc.

La virulence raciste des blancs, toujours très présente dans l'histoire de la Bolivie, y est à son apogée. Dans la capitale, on parle ouvertement d'Evo Morales comme d'un “fils de pute d'indien”, expression qui englobe également les Aymaras et les Quetchuas, ethnies de l'altiplano, aujourd'hui au pouvoir avec l'élection d'Evo Morales. Dans cette province, des groupes d'extrême droite s'arment et s'entraînent pour le retour de la suprématie blanche.

J'ai poursuivi mon parcours en montant jusqu'à El alto, banlieue de La Paz et capitale Aymara. Contrairement à ce que m'avaient dit les blancs de Santa Cruz, les Amérindiens de l'altiplano, lorsqu'on leur explique les raisons de notre présence et de notre curiosité, sont des gens très ouverts. En effet, je n'ai fait que de belles rencontres, même avec les mineurs du massif montagneux de las Tres Cruzes, pourtant réputés très fermés, violents et méfiants envers les étrangers.

C'est là que nous avons fait les plus belles rencontres humaines, ce qui m'a permis de résister physiquement à l'altitude pendant ces 8 jours à travailler et dormir par -10°, entre 4 700 m et 5 500 m.
La seule condition que les mineurs m'aient donnée en échange de leur hospitalité était de revenir les voir. Promesse que je tiendrai.

Pierre de Vallombreuse

 

Aymara - Bolivie, Altiplano from Les Champs Libres on Vimeo.

 

Les Aymaras - interview de Pierre de Vallombreuse from Les Champs Libres on Vimeo.